Arjowiggins Security : pour sauver leur emploi, les salariés brûlent des cartes grises

Les 240 salariés de l’entreprise « Arjowiggins Security » tentent de faire pression sur l’État en brûlant des bobines destinées à produire des documents sécurisés comme les cartes grises, les passeports ou encore des permis de conduire. Leur entreprise étant sur le point de fermer, les employés mettent tout en oeuvre pour attirer l’attention du Gouvernement.

Pour les salariés, les bobines sont devenues une « monnaie d’échange ».

Liquidée le 16 janvier 2019 par le tribunal de commerce de Nanterre, l’entreprise située à Jouy-sur-Morin en Seine-et-Marne (77) est sur le point de fermer ses portes. Mais les salariés de la société vieille de 400 ans n’ont pas dit leur dernier mot. En effet, le délégué syndical de la CGT, Patrice Schaafs, assure que l’Imprimerie Nationale pourraient se retrouver en pénurie de papier d’ici deux mois si les bobines continuent de partir en fumée.

Quelques mois plus tôt, la société Arjowiggins est vendue à un fond d’investissement suisse, Blue Motion Technologies Holding. Selon un salarié de l’entreprise depuis 37 ans, Didier Olanier, « a été rachetés par une société qui nous a dépouillés, alors même que l’État, via la banque publique d’investissement (BPI), leur avait donné de l’argent ». Les employés restent toutefois dans une totale incompréhension car selon Capital.fr , le carnet de commande était plein.

Une bonne partie du stock a déjà brûlé.

Dans le but d’interpeller l’État sur les conditions de licenciement et estimant que le plan social qui leur est proposé est indécent, les employés utilisent la manière forte en brûlant une bobine toutes les 12 heures, soit 200 kg de papier sécurisé qui pourraient fournir un département en cartes grises durant un an. Étant les seuls en France à produire le papier destiné à produire des documents sécurisés tels que les certificats d’immatriculation, la société Arjowiggins Security est aussi spécialisée dans la production de billets de banque dans plus de 120 pays.

Les salariés n’ont plus d’espoir pour sauver leur entreprise mais espèrent tout simplement partir avec des indemnités « décentes ». Alors que le gouvernement aurait proposé un « rattrapage de salaire de 300 € mensuels maximum pour ceux qui retrouveraient un travail moins bien payé », les employés réclament une indemnité de 50 000 € « ce qui est donné en moyenne lors des plans sociaux » selon un délégué de la CGT.

La CFDT du secteur des papiers et cartons interpelle l’État afin de sauver les trois autres usines d’Arjowiggins qui risquent de fermer leurs portes, à Bessé-sur-Braye dans la Sarthe (570 salariés), à Saint-Mars-la-Brière (290 salariés) et à Château-Thierry dans l’Aisne (85 salariés). Le siège social de la société, situé à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine (92), quant à lui, comptent 45 personnes. En tout, ce sont 900 salariés qui sont concernés par ces fermetures. Une cagnotte Leetchi est mise en place afin de soutenir les salariés.

L’équipe de Cartegrise-enligne.com

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